Instrumentation de Harrington

Nommer trois systèmes d’instrumentation du rachis postérieur qui sont considérés comme les précurseurs des systèmes d’instrumentation du rachis postérieur contemporains.

L’instrumentation Harrington, l’instrumentation Luque et l’instrumentation Cotrel-Dubousset.

Qu’est-ce que l’instrumentation Harrington ?

L’instrumentation initiale développée par Paul Harrington consistait en une tige unique avec des cliquets à une extrémité en combinaison avec un crochet unique à chaque extrémité de la tige. Des forces de distraction étaient appliquées pour obtenir et maintenir la correction des déformations de la colonne vertébrale. Ce système a été introduit en 1960 au Texas et a été utilisé pour traiter divers problèmes vertébraux, notamment la scoliose, pendant plus de 25 ans. Les inconvénients de ce système étaient la nécessité d’une immobilisation postopératoire pour éviter le déplacement du crochet et l’incapacité à corriger et à maintenir l’alignement du plan sagittal. Diverses modifications ont été introduites pour résoudre ces problèmes, notamment des crochets à extrémité carrée, l’utilisation de crochets de compression le long d’une tige convexe et l’utilisation d’une fixation supplémentaire par fil (figure 29-2).

Qu’est-ce que l’instrumentation de Luque ?

Dans les années 1980, le Mexicain Edwardo Luque a introduit un système qui permettait une fixation segmentaire consistant en des fils placés sous la lamina à plusieurs niveaux de la colonne vertébrale. Les fils étaient serrés autour de tiges placées le long des deux côtés de la lamina. Les forces correctrices étaient réparties sur plusieurs niveaux, ce qui réduisait le risque d’échec de la fixation. La stabilité accrue fournie par cette construction a éliminé le besoin d’appareils orthopédiques ou de plâtres postopératoires. La possibilité de translater la colonne vertébrale sur une tige précontournée a permis un meilleur contrôle de l’alignement dans le plan sagittal que l’instrumentation de Harrington (Fig. 29-3).

Qu’est-ce que l’instrumentation de Cotrel-Dubousset ?

En 1984, les Français Cotrel et Dubousset ont présenté leur système de fixation segmentaire, connu sous le nom de système CD. Il se composait de plusieurs crochets et vis placés le long d’une tige moletée. L’utilisation de plusieurs points de fixation permettait l’application sélective de forces de compression et de distraction le long de la même tige en modifiant la direction du crochet. Une manœuvre de rotation de la tige a été introduite afin d’améliorer la correction tridimensionnelle de la scoliose. Le contour de la tige a permis d’améliorer la correction du contour sagittal de la colonne vertébrale. La fixation segmentaire stable fournie par ce système a évité la nécessité d’une immobilisation postopératoire (Fig. 29-4).

Qu’entend-on par fixation spinale segmentaire postérieure ?

La fixation spinale segmentaire postérieure est un terme général utilisé pour décrire une variété de systèmes contemporains d’instrumentation spinale postérieure qui se fixent à la colonne vertébrale en de multiples points tout au long des segments spinaux instrumentés. Un ensemble complet d’implants est appelé construction vertébrale. En général, les constructions d’instrumentation vertébrale consistent en un élément longitudinal (tige ou plaque) de chaque côté de la colonne vertébrale, relié par des connecteurs transversaux (dispositifs de réticulation) pour augmenter la stabilité de la construction. La fixation segmentaire est définie comme la connexion de l’élément longitudinal à plusieurs vertèbres dans la construction. Les options pour réaliser une fixation segmentaire comprennent l’utilisation de crochets, de fils et de vis pédiculaires. Diverses forces correctives peuvent être appliquées à la colonne vertébrale au moyen d’ancrages segmentaires, notamment la compression, la distraction, la rotation, la flexion en porte-à-faux et la translation. Le système Isola, développé par Marc Asher et ses collègues, a popularisé l’intégration d’un crochet, d’un fil et d’une vis dans un seul et même implant. De telles constructions d’implant sont appelées constructions hybrides (Fig. 29-5).

Décrivez l’utilisation des ancres à crochet dans les constructions spinales segmentaires postérieures.

Les ancres à crochet peuvent être placées au-dessus ou au-dessous des processus transversaux T1 à T10, sous les articulations facettaires thoraciques, et au-dessus ou au-dessous du lamina thoracique et lombaire. Lorsque les lames des crochets adjacents se font face, on parle d’une configuration en griffe. Des forces de compression peuvent être appliquées aux crochets adjacents opposés, ce qui permet de fixer les crochets aux éléments postérieurs. Une griffe peut être composée de crochets situés à un seul niveau vertébral (griffe intrasegmentaire) ou de crochets situés à des niveaux adjacents (griffe intersegmentaire). Les crochets placés dans une configuration en griffe offrent une fixation plus sûre qu’un ancrage à crochet unique. Pour cette raison, la fixation par griffe est généralement utilisée aux extrémités proximales et distales des constructions vertébrales.

Décrire l’utilisation des ancres métalliques dans les constructions vertébrales segmentaires postérieures.

Les ancres métalliques (et plus récemment les câbles) peuvent être placées à chaque niveau de la colonne vertébrale. Les points d’attache possibles pour les ancres filaires incluent la base de l’apophyse épineuse, sous la lamina (position sublaminaire), ou sous l’apophyse transverse. Les broches de l’apophyse épineuse sont placées dans un trou à la base de l’apophyse épineuse et restent en dehors du canal rachidien. Les fils sublaminaires nécessitent une préparation minutieuse des espaces interlaminaires céphaladiques et caudadiques afin de minimiser le risque de lésion neurologique lorsque les fils sont passés sous la lamina et en position dorsale par rapport aux éléments neuraux.

Décrivez l’utilisation des ancrages à vis pédiculaires dans les contructions vertébrales postérieures.

Les ancrages à vis pédiculaires peuvent être utilisés dans toutes les régions vertébrales thoraciques et lombaires et sont devenus le type d’ancrage vertébral le plus populaire actuellement. Les avantages des vis pédiculaires comprennent une fixation sûre, la capacité d’appliquer des forces à la fois sur les colonnes antérieures et postérieures de la colonne vertébrale à partir d’une approche postérieure, et la capacité d’obtenir une fixation lorsque les lamina sont déficients. Les inconvénients des vis pédiculaires incluent les défis techniques liés à la mise en place des vis et le risque de lésions neurologiques, vasculaires et viscérales dues à des vis mal placées. Les vis pédiculaires peuvent être classées de manière générale comme des vis à tête fixe (monoaxiales), des vis à tête mobile (polyaxiales) ou des boulons (nécessitant un connecteur séparé pour la fixation au membre longitudinal) (figure 29-6).

Quels sont les repères anatomiques pour la mise en place des vis pédiculaires dans la colonne thoracique et lombaire ?

Dans la région thoracique, la mise en place des vis est initiée à la face latérale du pédicule. Le site d’entrée du pédicule est déterminé en se référant au processus transverse, au processus articulaire supérieur et à la pars interarticularis. La position exacte du site d’entrée est ajustée en fonction du niveau spécifique de la colonne thoracique et selon que la trajectoire de la vis est droite ou anatomique

Dans la région lombaire, le site d’entrée pour la mise en place de la vis est situé au niveau de la pente ascendante où le processus transverse rejoint le processus articulaire supérieur juste latéralement à la pars interarticularis. On peut se rapprocher de ce site en traçant une ligne le long du point médian de l’apophyse transverse et une seconde ligne le long du bord latéral de l’apophyse articulaire supérieure. Le point d’intersection de ces deux lignes définit le site d’entrée du pédicule (Fig. 29-7)

Qu’est-ce que la stabilisation dynamique de la colonne vertébrale ?

La stabilisation dynamique est un concept qui consiste à placer des ancres (généralement des vis pédiculaires) dans la colonne vertébrale et à relier ces ancres à un élément longitudinal flexible (par exemple, une tige, un câble, un ressort). L’objectif de ce type d’implant est de limiter mais pas d’éliminer le mouvement. Les partisans de ce concept pensent que ce type d’implant produira moins de stress sur les segments spinaux adjacents et pourra prévenir certaines des complications observées après une fusion spinale (par exemple, les changements dégénératifs au niveau adjacent). Les opposants craignent qu’en l’absence d’arthrodèse vertébrale concomitante, ces implants puissent se desserrer ou échouer prématurément et nécessiter une chirurgie de révision. Actuellement, il existe peu de données permettant de prouver ou d’infirmer l’utilité scientifique de ce concept (Fig. 29-8).

Que sont les implants interépineux ?

Les implants interépineux sont conçus et indiqués 1) pour le traitement de la sténose rachidienne lombaire symptomatique lorsque la fusion n’est pas prévue et 2) comme méthode pour obtenir une fixation segmentaire lombaire lorsque la fusion d’un segment rachidien est prévue. Les implants interépineux indiqués pour le traitement de la sténose rachidienne lombaire sont insérés entre des apophyses épineuses adjacentes pour distraire légèrement les apophyses épineuses et induire une cyphose segmentaire. La distraction de l’apophyse épineuse entraîne un léger élargissement de la section transversale du canal rachidien et peut soulager les symptômes de sténose rachidienne liés à la position. Divers matériaux (titane, silicone, polyéthylène) ont été proposés pour cette catégorie d’implant. Les patients qui ressentent un soulagement positionnel des symptômes de douleur aux jambes dus à une sténose spinale lombaire en position assise sont considérés comme des candidats à la chirurgie. Ce type de dispositif est un implant préservant le mouvement qui évite la nécessité d’une fusion vertébrale. Les implants interépineux ont également été utilisés comme moyen de réaliser une fixation segmentaire lorsque la fusion d’un segment de mouvement est prévue (Fig. 29-9).

Laisser un commentaire